CASALIS, Eugène, Mes souvenirs, préface Ben Beckner, Paris, Lirice, 2011, 224 p. 15€. ISBN : 979-1090069008.
Parti en 1833, à vingt ans, pour l’Afrique du Sud, Eugène Casalis nous raconte dans Mes souvenirs son enfance dans le Béarn, sa découverte de la foi et de sa vocation missionnaire. D’un regard toujours confiant et émerveillé, il nous fait revivre le quotidien du xixe siècle, ses voyages, et les péripéties de son installation dans ce lieu qui deviendra le Lesotho.
Aux approches du bicentenaire de la naissance d’Eugène Arnaud Casalis, né le 21 novembre 1812 à Orthez, les descendants de ce missionnaire français hors du commun auprès du peuple Bassouto au Lesotho souhaitent l’honorer par cette réédition de ses mémoires. Rédigées à l’attention de la jeunesse chrétienne française de la fin du xixe siècle, Casalis, devenu directeur de la Maison des missions de Paris et promoteur infatigable des missions, a voulu leur témoigner que Dieu peut combler celui ou celle qui répond à son appel de quitter sa patrie pour l’amour de Jésus-Christ et au nom de l’Évangile. Dans ces pages, Casalis raconte l’histoire de sa vocation missionnaire que Dieu a confirmée au travers des diverses épreuves et bénédictions de son ministère.
L’humilité et le désintéressement de Casalis pourraient laisser ignorer au lecteur non avisé les compétences remarquables du missionnaire, qui entreprit, en linguiste accompli, une traduction des évangiles, et qui fut aussi ethnologue et diplomate. Eugène Casalis compte parmi les premiers missionnaires protestants français.
Nous espérons que les Souvenirs d’Eugène Casalis permettront au lecteur de mieux saisir la réalité des missionnaires français au 19ème siècle. Ils disposaient de peu de moyens, mais la ferveur de leur foi, leur réponse convaincue à l’appel de Dieu et la remarquable intelligence de leurs méthodes demeurent une source d’inspiration pour les missionnaires du mouvement évangélique en Europe francophone. Les évangéliques, en effet, ont aujourd’hui des ressources matérielles plus importantes et des connaissances plus étendues que leurs prédécesseurs. Mais sauront-ils montrer la même foi, le même élan pour répondre à l’appel missionnaire, le même amour pour servir leur Maître et pour se rendre « jusqu’aux extrémités de la terre pour faire des disciples de toutes les nations » ?
